2 Strong for 2 Long
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Les Chiroux
Gratuit
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Expositions
Organisation Les Chiroux
Luna Mahoux a reçu carte blanche pour l’exposition 2 Strong for 2 Long et elle a invité cinq autres artistes qui, comme elle, appartiennent à une génération et à des communautés où l’hybridation prévaut.
Harilay Rabenjamina, Shamiran Istifan, Ethan Assouline, Krista Gay et Kadiatou Mallé investiguent ce que ça signifie «être visible» aujourd’hui. Ces jeunes artistes, éduqué.es par les images, imprégnée.es par elles, sont traversé·es de part en part par ce qu’elles montrent et ce qu’elles cachent.
Leurs travaux agencent sculptures, installations, performances, vidéos, photos, sons (un seul médium serait toujours suspect dans sa potentielle pureté et ne suffirait de toutes façons pas à leur besoin de (re)constituer une culture). Ils et elles profitent de la vitesse et de la capacité d’échanges qu’offrent les réseaux et le digital et détournent, questionnent, les outils et appareils visuels en faisant confiance à leur émotion.
Ces jeunes créateur·rices, par le côté Do-It-Yourself de leurs travaux, leur recours à l’image «pauvre», apportent dans le continuum du visible contemporain une façon particulière de rendre présence et puissance à leurs représentations. Ce faisant, ils et elles construisent un narratif jusque-là inconnu en répondant, de façon chaque fois singulière, à des questions comme “comment rendre visible ce qui ne l’est pas ?” ou “comment créer et faire exister nos archives quand on est invisible ?”
Ils et elles mettent en lumière la valeur de certaines images, de certains textes, qu’on avait négligés. A partir de ce réservoir d’informations, et en le questionnant, ils et elles bâtissent des phrases, un discours, toute une culture avec ce qui les touche, les mobilise, les affecte. Leurs pièces sont issues d’archives sauvages, de copies de copies, des flux visuels d’Internet, des marges de la production culturelle.
Comme le dit Hito Steyerl, à qui l’on doit cette notion d’image « pauvre » : Les utilisateurs deviennent les éditeurs, les critiques, les traducteurs et les (co-)auteurs des images pauvres. (…) L’image pauvre construit ainsi des réseaux mondiaux anonymes tout comme elle crée une histoire partagée. Elle crée des alliances en voyageant, provoque des traductions ou des erreurs de traduction, et crée de nouveaux publics et débats.
Ces artistes nous partagent des bouts de choses qui les bouleversent, des choses précieuses qu’ils et elles gardent tout prêt d’elleux, allant d’un hommage à Gangsta Boo aux archives familiales accompagnées de Playboy Carti comme fond sonore, en passant par la discussion intime entre un fils et sa mère, aux écrits urgents et poétiques, aux pertes et aux célébrations, à la mélancolie d’une bibliothèque.
2 Strong for 2 Long démontre la profondeur inédite d’objets et de références délaissés, d’images de célébration et de fierté autant que de douleur et de déchirement. Ces jeunes artistes extirpent des fragments d’un oubli programmé, les trient, les remontent, les commentent dans des installations, des éditions et des films. Ce faisant, ils expriment leur présent, noué à celui de leurs communautés et en hommage à elles.
Luna Mahoux (1996, vit et travaille à Paris) est la curatrice de 2 Strong for 2 Long. Le titre de l’exposition, qui est également celui de son travail de fin d’études en Master-Peinture à La Cambre, d’où elle est sortie diplômée en juin dernier, sonne comme une ode aux célébrations, et aux pertes. L’artiste questionne aussi la dualité des images et des archives spécifiquement noires, et ce que cela produit en elle. Dans l’exposition, elle montre deux images monumentales : I remember that white light shining on my sisters and brothers (2022) et R.I.P. to the Queen of Memphis “Gangsta Boo”, 1.01.2023, Memphis, USA (2023).
Harilay Rabenjamina (1992, vit et travaille à Paris) présente une version de son installation Le nez de ma mère, composée d’une photographie, de fleurs et d’une vidéo (13’54 », 2021) sur écran posé sur blocs de terre glaise. La moquette de couleur mauve, qui fait initialement partie de cette installation, s’étend à tout l’espace d’exposition. L’œuvre déploie un récit familial et questionne son héritage d’oppression et d’empathie. Le film, à travers un dialogue off entre Harilay lui-même et un tiers qui lui pose des questions, raconte avec violence et tendresse l’histoire des rapports familiaux dans toute leur complexité.
Shamiran Istifan (1987, vit et travaille à Zurich) présente la projection vidéo Ex Amore Vita : Ladies‘ Room (4’36″, 2021) et habille un mur avec sa broderie cousue main Trip to Jerusalem (2,67m x 1,39m; jersey métallique, ouate, doublure, fil; 2022). Des chaises recouvertes de housses en jersey métallique font aussi partie de l’installation. La pratique artistique de Shamiran connecte le personnel et le politique, les mondes parallèles de son expérience propre et d’une diaspora en constant mouvement. Ses travaux traduisent les façons dont la classe, le genre et la religion façonnent l’ordre collectif comme les relations interpersonnelles. Le corps joue un rôle important dans le travail de Shamiran : vecteur en tension des traditions transgénérationnelles et des standards occidentaux contemporains, il absorbe les contradictions et leur rend forme, entre liberté et aliénation.
Ethan Assouline (1994, vit et travaille à Paris) invite le public à expérimenter et à faire vivre sa Médiathèque Autonome (éditions et mobilier divers ; 2021- en cours), recréée comme à chaque fois sur mesure dans l’espace qui l’accueille. Le numéro 2 de la revue Médiathèque est publié à l’occasion de 2 Strong for 2 Long (avec les contributions de Rachel Lang et Manoela Prates) et est à disposition de tous les visiteurs gratuitement. La Mediathèque Autonome est un espace pour lire, partager, discuter et échapper au tout qui se vide et se dissout. On pourra y consulter et y envoyer des textes, des images, des documents qui tentent de créer, diffuser et faire circuler des idées et des mots pour penser la ville, la vie, le sexe, la connaissance, l’existence, l’amour, etc., etc., etc. et réfléchir collectivement à comment utiliser notre langage contre l’actuelle horreur ambiante.
Krista Gay (1998, vit et travaille à New York) est une artiste qui utilise divers médiums pour étudier l’histoire du corps noir et y dessiner les liens avec sa place propre de femme noire dans la société d’aujourd’hui. Sa vidéo BLACK PUSSY (6’40’’, 2020) est une satire dystopique créée à partir d’archives issues du cyberespace. Elle met en perspective certains archétypes de la femme noire et comment son image est contrôlée par les médias. Mais la vidéo refuse aussi ce contrôle, le réfute, le trouble et finalement, le renverse contre le spectateur. La vidéo est installée sur fond d’un grand wallpaper rendant hommage à Gangsta Boo, rappeuse de Memphis, décédée le 1er janvier 2023. ATTENTION : BLACK PUSSY contient des scènes explicites.
Kadiatou Mallé (2000, vit et travaille à Paris) est une jeune artiste autodidacte qui utilise une documentation familiale pour parler de sa communauté et dévoiler un endroit où les femmes maliennes de la diaspora française expriment leur lumière intérieure avec la plus grande sincérité. C’est à travers différentes archives qu’elle explore la beauté, l’essence et l’esthétique de ces femmes maliennes. L’installation est composée de tirages multiples issus de captures d’écran, d’archives personnelles, de vêtements et de la vidéo Drip like my aunties (4’20 », 2022) où résonnent les paroles du rappeur américain Playboy Carti. Drip (de l’anglais « couler, goutter, perler, suinter ») signifie que votre style est extrêmement à la mode ou sexy. Drip, drippin’, dripped out, sont les nouvelles expressions qui sortent de la bouche des stars et des rappeurs américains.
Sa. 4 mars > Sa. 13 mai 2023 – Accès gratuit du me. au sa. de 14:00 à 18:00
Sa. 4 mars dès 18:00, vernissage avec un live de ssaliva à 20:30
Sa. 13 mai à 18:00 : Artist Talk : Luna Mahoux – Zeynep Kubat
À l’occasion du finissage de « 2 Strong for 2 Long » le 13 mai, Zeynep Kubat, curatrice et écrivaine indépendante, s’entretiendra avec Luna Mahoux dans l’exposition. Venez vous joindre à la discussion, au plaisir de vous y retrouver!
Espace expo | Entrée gratuite
Plus d’infos ici
Pour toute demande d’informations concernant l’accompagnement d’un groupe dans l’exposition, contactez Iseult Dervaux à l’adresse suivante : artsplastiques@chiroux.be
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